Communiqué de l’ASL par rapport à la descente de police du lundi 18 mai 2026

Nous avons signé un communiqué commun avec le Molodoï, trouvable sur leurs réseaux ou site web. L’ASL publie également, ci-dessous, un communiqué plus détaillé par rapport à cet événement.


Il nous semble manifeste que l’inspection du travail et la justice ont été instrumentalisé lundi 18 Mai pour mener un exercice d’intimidation et de surveillance contre l’Action Sportive Libertaire (ASL), et le Centre Autonome Jeunes Molodoï. Pour étayer cette affirmation, nous souhaitons informer et rendre publics le plus largement possible les faits qui ont eu lieu pour laisser tout un chacun juger de la légitimité des actions des forces publiques.

Le 18 Mai, vers 19h50, à la fin de l’atelier de la boxe anglaise et au début de l’atelier combat libre organisés par l’ASL, la police nationale – avec une vingtaine d’agents, dont une quinzaine armés – est entrée dans le bâtiment du Molodoï, en bloquant les deux sorties. La police nationale accompagnait l’inspection du travail et plusieurs agents de la DDSP 67 – Direction Départementale de Sécurité Publique – dont un major de police.

  • Ces agents n’ont pas jugé bon de justifier ni de prouver la légalité de leur contrôle en arrivant. Pendant une heure, nul ne pouvait partir sans avoir donné d’abord son identité, dans un climat d’opacité volontairement appliqué par les forces de l’ordre.
  • Les agents ont interrogé l’animateur et les personnes de l’atelier présentes sur les pratiques de l’ASL, qui sont publiques et disponibles sur leur site. Les ateliers étant par ailleurs accessibles à toustes et à tout moment de l’année.
  • Les agents et l’inspection du travail ont posé des questions sur le fonctionnement de l’association, insistant sur le fait que l’ASL n’était pas en règle sur le plan juridique en affirmant que toutes les associations sont tenu d’avoir un·e président·e, un·e secrétaire et un·e trésorier·ière. C’est une affirmation trompeuse : l’ASL et le Molodoi, comme nombre d’autres associations en France et en Alsace, disposent d’un directoire composé de plusieurs personnes dont les fonctions dans la direction ne sont pas déterminées par la loi.
  • Pendant ce temps les agents de police sont montés à l’étage et ont cherché à entrer dans toutes les salles, sans demander l’autorisation et sans être accompagnés.
  • Ce n’est que vers 21h et une fois plusieurs personnes venues soutenir les camarades à l’extérieur du Molodoï, dont des membres du bureau de celui-ci, que les agents ont montré avec beaucoup de réticence la réquisition, demandée par le vice-procureur, aux fins de contrôle de l’activité et de l’identité en matière de lutte contre le travail illégal, alors que l’ASL ne fonctionne que grâce au bénévolat. Ils n’ont pas fourni de copie et ont à peine laissé le temps de prendre une photo du document.
  • Des photos du lieu et des personnes (ainsi que de leur CNI) ont été prises sans leur consentement.

Il est enfin à souligner qu’aucune infraction n’a été relevée, une information apprise par la presse et non de la part de la police ou de l’inspection du travail.

Entre temps l’ASL et le Molodoï ont reçu des courriers électroniques de la police demandant des documents par rapport au fonctionnement de nos associations (extrait d’inscription au registre des associations, copie des statuts signés en vigueur, liste des membres du comité collégial, attestation du nombre de membres, etc.). La question se pose : quel est le lien de ces documents avec l’inspection du travail et quelle est la base légale de cette demande ?
En outre, l’inspection du travail a envoyé un courrier au Molodoï ayant déclaré avoir un salarié lors du contrôle, ce qui n’est absolument pas une nouvelle pour quiconque vient assister à une AG ouverte du Molodoï. Le Molodoï a un salarié depuis plusieurs années et a toujours été en règle.
Enfin, des documents relevant du droit de travail et relatif au salarié du Molodoï ont été demandés, qui seront bien communiqués à l’inspection du Travail.

Nous souhaitons également souligner le fait que le parquet a indiqué que ce sont « les services de police » qui ont « sollicité ce contrôle du droit du travail » des associations du Molodoï et de l’ASL.

Sur la base des faits précédemment retranscris, il semble clair que l’inspection du travail ayant mené le contrôle n’était pas du tout au fait de la structure et du fonctionnement des associations Molodoï et ASL (pourtant à minima publiquement disponibles sur leur site) et que celle-ci n’a découvert l’existence d’un salarié déclaré pour le Molodoï qu’une fois sur place. Ceci va dans le sens de la déclaration du parquet, c’est-à-dire que ce sont les services de police qui ont prit, seuls, l’initiative de solliciter un contrôle du droit du travail. Or la police n’a fourni aucun élément de nature à justifier ce contrôle, et au vu des questions posées et du peu de coopération de leur part à expliquer la raison de leur présence, nous pensons donc qu’il s’agissait d’un prétexte pour venir contrôler, voire intimider nos structures. Le fait que l’inspection du travail se prête à cette action policière montre très bien comment le harcèlement administratif fait partie de la répression politique.

Nous pensons que la police n’a pas à instrumentaliser le droit du travail, l’inspection du travail et le parquet pour mener des politiques illégales de surveillance d’associations. Le harcèlement administratif des associations de gauche est une pratique courante de l’État pour appliquer une répression politique contre laquelle la défense juridique, même si toute la partie administrative de nos structures est juridiquement conforme, est censée freiner nos engagements. Nous constatons néanmoins que cette affaire nous laisse un sentiment de colère, ce qui nous soude davantage et nous donne envie de continuer à nous engager en faveur d’une société plus inclusive et plus juste (sous toutes ses formes).
N’oublions pas le contexte : ni le Molodoï ni aucune autre structure utilisant cet espace n’avaient jamais été sujets à un tel contrôle policier et administratif depuis son ouverture en 1994. Cet événement spécifique, comme le contexte politique actuel  en général, nous force encore une fois à le constater : nous ne sommes pas à l’abri des différentes formes de répression politique, qui ne cessent de s’intensifier, aussi il est important que nous nous préparions collectivement contre ces mesures d’intimidation !

Le Molodoï et l’ASL sont des lieux où tout est fait pour que toute personne se sente en sécurité et soit accueillie au mieux. Ces contrôles rendent nos espaces insécurisants et nous ne laisserons aucune forme de répression et d’intimidation y pénétrer.

Malgré les intimidations, continuons à défendre ce en quoi nous croyons, à défendre nos espaces et pratiquons la solidarité contre la répression !

L’ASL

Premier gala de boxe de l’Action Sportive Libertaire – samedi 30 mai 13 heures !

 

Venez assister au 1er gala de boxe organisé par l’ASL !

Les matchs/rencontres de boxe sont prévus toute la journée du 30 mai au Molodoï

Le gala se déroulera dans le même esprit que l’ASL. L’évènement se déroulera dans un environnement bienveillant et non compétitif, le but étant de mettre en valeur la technique.

Les rencontres dureront 3 rounds de 2 minutes avec arbitre dans les règles de la boxe anglaise, boxe thaïlandaise et boxe française.

Venez encourager et soutenir les participant-e-s !

Programme :

  • 12h30 : ouverture au public
  • 13h30 : premier combat
  • 19h00 : fin des combats
  • 21h : concert Carmen Colère
  • 23h : fin pour le public

Bar et plat vegan disponible sur place !